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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 12:48

Voulez-vous savoir où est la route des nuages ?

Elle est là, au milieu du vide.



Huan Shan - VIIème siècle



Source de la Citation :

L'unique trait de pinceau

Calligraphie, peinture et pensée chinoise

Fabienne Verdier

Albin Michel



Hamada du Draa - L'homme, le ciel, l'arbre : Acacia (Acacia tortilis radiana)


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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 20:09





Pour savourer le voyage longtemps à l'avance...

Se procurer un petit carnet de bord (Cambridge, petits carreaux, 96 pages 5 x 5).

Renforcer la couverture, à l'aide d'un film plastique adhésif et éventuellement, l'illustrer avec une belle image choisie, en rapport avec le voyage.

Tout en ménageant de larges espaces pour l'écriture, illustrer ce carnet de beaux paysages, découpés dans des magazines de voyage.

Y coller également des photographies de famille, les gens du désert en sont friands.

Recopier ou coller également dans ce carnet, des citations choisies.


Sur place, dans la mesure du possible, tenir ce carnet de bord régulièrement à jour.

Demander aux personnes, aux enfants, d'écrire ou de dessiner quelque chose dans ce carnet.

L'illustrer de croquis personnels, y coller de menus documents trouvés sur place, étiquettes, petites bricoles.


Le fait que je dessine ou écrive dans mon petit carnet intriguait énormément les enfants nomades, qui, en 2002 en tout cas, n'allaient pas à l'école.

 






Animal d'herbe tressée, cadeau fait par les enfants du désert



Carnet Niger 2000 et porte-clé touareg


Carnet Niger 2000




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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 18:09

"La prière des humbles perce les nues."

 (L'Ecclésiaste, XXXV,  2 I ; II e s. av. J.-C.)

 


Sahara du MAROC - région de FOUM-ZGUID - avril 2OO2.


Après les projets du nouvel an entre amis, où nous devions être quatre à partir dans le sud marocain, seuls Jean-Luc et moi avons pris les billets d’avion, sésames pour le grand sud.

Trois années ont passé depuis mon séjour chez les nomades, dans la famille de Lahcene.


Lahcene, mon ami nomade, vient nous chercher à Marrakech, dans un 4 x 4 conduit par " Mohamed le chauffeur ". Tout en gardant le cap vers le grand sud, nous visitons les impressionnantes gorges du Dadès et du Todra, puis les dunes de Merzouga, très beau site, hélas pollué et dégradé en raison d'une inflation touristique. Puis, nous nous dirigeons vers Zagora, par la piste, traversant les flamboyants paysages volcaniques du Djebel Saghro.


Nous arrivons dans la région de Zagora. Après trois ans d'absence, je retrouve avec une vive émotion les vastes étendues rocailleuses de la vallée du Draa et du Djebel Bani. Nous sommes en avril et, exceptionnellement, il a beaucoup plu depuis une quinzaine de jours. Il fait encore très frais, presque froid. Un vent de sable persistant nous aveugle, mitraille et recouvre le véhicule, ce qui déplait souverainement au chauffeur. Dans les lointains brumeux, sous un ciel lourd, des mini-tornades de sable se déplacent ici et là, très grands sabliers élancés et ondoyants,  évoquant ces esprits que l'on nomme ici Djinns.


Nous partons à la recherche de la famille de Lahcene, que j'ai hâte de retrouver. Un peu déçue, j’apprends que les tentes ne sont plus à la même place, sur la sublime étendue de pierres rouges de l’Hamada du Draa, là où je les ai découvertes pour la première fois. Lahcene nous informe que, d’après le "téléphone arabe", son père, Youssef, nomadiserait dans les environs de Foum-Zguid, à 13O km à l'ouest de Zagora, mais il ne sait pas exactement où...


Toujours par la piste, nous arrivons à  Foum-Zguid vers 17 heures 3O.  Quelle n'est pas notre surprise d'apercevoir Youssef et l'oncle Ali, qui semblent nous attendre placidement au bord de la route ! Je suis si heureuse de les retrouver ! A voir leurs mines réjouies, cela semble réciproque. Les deux hommes seraient là " par hasard ", car ils attendent un camion de ravitaillement. C'est vraiment une chance, une situation à peine croyable, qui nous surprend beaucoup, mais qui ne semble pas étonner les nomades le moins du monde.


Youssef et Ali nous apprennent que le troupeau et la tente sont dans la montagne à une quinzaine de kilomètres de la bourgade. Tout naturellement, nous sommes invités à nous y rendre sur le champ. Nous  exprimons cependant quelques réserves. En voici les raisons : les 15 kilomètres estimés par les nomades peuvent être 2O ?...  Il n'y a pas de sentier, il est tard et il faudra, d'après Youssef, " marcher vite, de nuit, en sautant de pierre en pierre ". J’ai déjà pu observer ces hommes, qui, si ils sont capables de rester des journées entières dans une immobilité quasi-absolue, peuvent également, subitement, sans le moindre bagage, se mettre en marche vers un but précis, sans compter les kilomètres et parcourir de très grandes distances, d’un pas rapide et assuré, de jour comme de nuit.


Le ciel est inquiétant, nos sacs ne sont pas prêts. Lahcene, qui n'a que faire de tous ces détails (il se déplace toujours sans le moindre sac) dit : " Bon, alors on y va ? ". En ce qui me concerne, je m'interroge,  mais Jean-Luc est catégorique, il ne veut absolument pas y aller.


Finalement, après bien des palabres, nous abandonnons cette idée de courir la montagne de nuit, et décidons de bivouaquer sur un terrain vague à proximité de Foum-Zguid. Ne pouvant les quitter aussi brutalement, nous invitons Youssef et l'oncle Ali à se joindre à nous car Lahcene tient à les inviter à manger " un bon repas avec de la viande ". Avec l'infinie disponibilité des nomades, les deux hommes nous emboîtent le pas en souriant.

 

Campement dans d’anciens jardins (on aperçoit les parcelles), à Foum-Zguid.

 


Le campement de " vrais et faux nomades ",  s'installe donc dans d'anciens jardins désaffectés. Il fait 9 degrés, le ciel est noir, un vent aigre nous fait frissonner et achève de nous transformer en statues de sable. Il a beaucoup plu les jours précédents et nous craignons un déluge nocturne qui noierait le bivouac. L'intendance s'organise dans une toute petite tente ; Jean-Luc et moi, légèrement inquiets, installons notre couchage en plein air, le plus possible à l'abri du vent, derrière un muret de pierre.


 

Avec Youssef et l'oncle Ali



Puis, pendant que le tajine mijote, nous prenons le thé en devisant sous la tente. De temps à autre, soulevant un pan de toile, je jette un coup d’œil angoissé vers le ciel plombé, menaçant. Le chauffeur Mohamed, très bavard et sur de lui, y va du récit de ses exploits et de ses prophéties catastrophiques, mettent nos nerfs à rude épreuve. La mine réjouie,  il évoque constamment la météo alarmante, parle des récentes inondations. Il exprime ses craintes que nous soyons emportés et noyés par un déluge, nous raconte maintes anecdotes  qu'il a vécues avec d'autres touristes dans des circonstances semblables. Il est au comble de la jubilation -il faut l'imaginer grand et très costaud- quand il raconte la fois où "laissant les touristes sur une sorte d'île, il a traversé la rivière en crue avec de l'eau jusqu'aux aisselles, en portant son sac au-dessus de sa tête pour ne pas mouiller ses affaires" (il mime) " Et le courant était très fort ! " (Sous-entendu : "moi je le suis davantage"). Enfin il conclut : " De toutes façons moi je m'en fous, je dors dans le 4 X 4. " Et il éclate d'un énorme rire. Jean-Luc et moi trouvons cela moyennement drôle. Allons-nous finir comme Isabelle Eberhardt (1); noyés dans le désert ? Une pluie fine commence à tomber, coup de grâce pour notre moral déjà bien miné. A priori, on ne va pas se promener dans le Sahara pour essuyer des trombes d'eau, mais, je l’ai constaté à maintes reprises, la pluie fait bel et bien régulièrement partie du décor. Fort heureusement, pour hommes bêtes et plantes, devrais-je ajouter.


Après un moment d'inquiétude et de flottement, j'ai une inspiration subite. Je sors à l'extérieur de la tente, pour m'isoler un peu du groupe pendant cinq ou dix minutes. Assise en tailleur et les mains jointes, je contemple longuement le ciel noir, lui demandant humblement de nos épargner pour la nuit. Juste pour cette nuit. Recueillement. Silence...  Puis je m'introduis à nouveau dans la tente et le murmure des conversations.


Nous mangeons. Le repas est excellent, mais... je n'arrête pas d'y penser... N'y tenant plus, je sors de la tente et ose regarder le ciel. Est-ce possible ? Je n'en crois pas mes yeux ! Les nuages noirs se sont évaporés comme par enchantement, cédant la place à un vaste dôme scintillant d'étoiles ! Je pousse un cri de surprise et de joie : "Dieu merci, ma prière a été entendue ! " Et Lahcene, à qui rien n'échappe et qui a tout compris, d'ajouter avec beaucoup de sérieux, d'une voix parfaitement égale : " Moi aussi, j'ai envoyé un fax là-haut..."




 

(1) Isabelle Eberhardt (17 février 1877 à Genève - 21 octobre 1904 à Aïn-Sefra, Algérie) est un écrivain suisse d'origine russe, et française de par son mariage.

« à Aïn-Sefra, en Algérie, l'oued se transforme en torrent furieux. La ville basse, où elle résidait seulement depuis la veille, est en partie submergée. (…) Isabelle, affaiblie par le paludisme, ne peut fuir et meurt noyée». Source

 


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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 10:49

 

Forteresse ruinée, Hamada du Draa - Photo Jean-Luc Krekels



Châteaux du désert, châteaux de terre....



Chefs-d’œuvre incontestés de l'architecture de terre (1), refuges des habitants et de leurs troupeaux en cas d'attaque, les châteaux du désert sont nés de la peur. Amoncellements de blocs couleur sable, mêlés de paille et de bois, extraordinaires dédales de murs et de ruelles jonchés de débris de poteries...  Des restes de tours de garde et de remparts crénelés, un four, un lieu de culte, tout évoque le grouillement humain, brusquement frappé de silence et de mort... Devant ces murs déchiquetés, dentelles de terre rivalisant avec les architectures naturelles environnantes, on se perd en conjectures... Imaginons...


Un point d'eau à ses pieds qui donne la vie et la citadelle du désert s'érige, dans toute sa splendeur défensive... Dehors tout est incertain, l'inconnu est danger, l'horizon menaçant. On se rassure à l'abri de hauts murs. Au-delà, l'univers des nomades, au contour mal défini, vibrant de passions étranges... Hommes imprévisibles, grands stratèges de la conquête fulgurante... Peur panique des cavaliers armés qui surgissent de lointains indécis, naissant de la fièvre des sables, portés par des mirages...  Peur du nomade montant sa chamelle blanche... Avec son allure souple et sa course ondulante, le chameau aussi participe de cette stratégie quotidienne de la fluidité qui est l'apanage des nomades... Hier ici, demain là-bas, eux seuls savent où ils sont, où ils vont... Visages et desseins voilés, ils sont maîtres en disparition.


Forteresses du Sahara, châteaux des sables, vous voici à présent devenus, au terme d'une longue et parfois prestigieuse histoire, simples curiosités pour touristes, lieux de fouilles archéologiques, décors de cinéma... Mais nul n'assistera à votre lente dissolution quand vous retournerez à la poussière et que votre dernière âme de paille sera emportée à jamais par le vent du désert...

 

 

 

 

Note : Ce texte a été écrit en février 2000 et a été inspiré, à l'origine, par la visite des forteresses de Djado et Djaba, dans le Sahara du Niger.


 

 

 

 

(1) - La terre, matériau de construction le plus répandu dans le monde,  est utilisée par un tiers au moins de la population  :  de l'argile mélangée à de la paille, c'est le  torchis, le pisé, le banco... Isolation thermique, coût quasiment nul, souplesse, rapidité d'exécution, intégration parfaite dans le paysage. Economie d'énergie : pour les briques de terre, pas de cuisson, le grand four solaire suffit. C'est le matériau idéal. Si elle s'effondre ou se lézarde sous l'action de violents orages, on colmate, on recommence... Indéfiniment, il est possible de reboucher  les trous des murs,  de les consolider à l'aide de pierres. Le temps peut tout détruire, la terre docile retourne à la terre, matériau réutilisable à l'infini...

 

 

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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 19:54

"La prière des humbles perce les nues."

 (L'Ecclésiaste, XXXV,  2 I ; II e s. av. J.-C.)

 


Sahara du MAROC - région de FOUM-ZGUID - avril 2OO2.


Après les projets du nouvel an entre amis, où nous devions être quatre à partir dans le sud marocain, seuls Jean-Luc et moi avons pris les billets d’avion, sésames pour le grand sud.

Trois années ont passé depuis mon séjour chez les nomades, dans la famille de Lahcene.


Lahcene, mon ami nomade, vient nous chercher à Marrakech, dans un 4 x 4 conduit par " Mohamed le chauffeur ". Tout en gardant le cap vers le grand sud, nous visitons les impressionnantes gorges du Dadès et du Todra, puis les dunes de Merzouga, très beau site, hélas pollué et dégradé en raison d'une inflation touristique. Puis, nous nous dirigeons vers Zagora, par la piste, traversant les flamboyants paysages volcaniques du Djebel Saghro.


Nous arrivons dans la région de Zagora. Après trois ans d'absence, je retrouve avec une vive émotion les vastes étendues rocailleuses de la vallée du Draa et du Djebel Bani. Nous sommes en avril et, exceptionnellement, il a beaucoup plu depuis une quinzaine de jours. Il fait encore très frais, presque froid. Un vent de sable persistant nous aveugle, mitraille et recouvre le véhicule, ce qui déplait souverainement au chauffeur. Dans les lointains brumeux, sous un ciel lourd, des mini-tornades de sable se déplacent ici et là, très grands sabliers élancés et ondoyants,  évoquant ces esprits que l'on nomme ici Djinns.


Nous partons à la recherche de la famille de Lahcene, que j'ai hâte de retrouver. Un peu déçue, j’apprends que les tentes ne sont plus à la même place, sur la sublime étendue de pierres rouges de l’Hamada du Draa, là où je les ai découvertes pour la première fois. Lahcene nous informe que, d’après le "téléphone arabe", son père, Youssef, nomadiserait dans les environs de Foum-Zguid, à 13O km à l'ouest de Zagora, mais il ne sait pas exactement où...


Toujours par la piste, nous arrivons à  Foum-Zguid vers 17 heures 3O.  Quelle n'est pas notre surprise d'apercevoir Youssef et l'oncle Ali, qui semblent nous attendre placidement au bord de la route ! Je suis si heureuse de les retrouver ! A voir leurs mines réjouies, cela semble réciproque. Les deux hommes seraient là " par hasard ", car ils attendent un camion de ravitaillement. C'est vraiment une chance, une situation à peine croyable, qui nous surprend beaucoup, mais qui ne semble pas étonner les nomades le moins du monde.


Youssef et Ali nous apprennent que le troupeau et la tente sont dans la montagne à une quinzaine de kilomètres de la bourgade. Tout naturellement, nous sommes invités à nous y rendre sur le champ. Nous  exprimons cependant quelques réserves. En voici les raisons : les 15 kilomètres estimés par les nomades peuvent être 2O ?...  Il n'y a pas de sentier, il est tard et il faudra, d'après Youssef, " marcher vite, de nuit, en sautant de pierre en pierre ". J’ai déjà pu observer ces hommes, qui, si ils sont capables de rester des journées entières dans une immobilité quasi-absolue, peuvent également, subitement, sans le moindre bagage, se mettre en marche vers un but précis, sans compter les kilomètres et parcourir de très grandes distances, d’un pas rapide et assuré, de jour comme de nuit.


Le ciel est inquiétant, nos sacs ne sont pas prêts. Lahcene, qui n'a que faire de tous ces détails (il se déplace toujours sans le moindre sac) dit : " Bon, alors on y va ? ". En ce qui me concerne, je m'interroge,  mais Jean-Luc est catégorique, il ne veut absolument pas y aller


Finalement, après bien des palabres, nous abandonnons cette idée de courir la montagne de nuit, et décidons de bivouaquer sur un terrain vague à proximité de Foum-Zguid. Ne pouvant les quitter aussi brutalement, nous invitons Youssef et l'oncle Ali à se joindre à nous car Lahcene tient à les inviter à manger " un bon repas avec de la viande ". Avec l'infinie disponibilité des nomades, les deux hommes nous emboîtent le pas en souriant.

 

Campement dans d’anciens jardins (on aperçoit les parcelles), à Foum-Zguid.

 


Le campement de " vrais et faux nomades ",  s'installe donc dans d'anciens jardins désaffectés. Il fait 9 degrés, le ciel est noir, un vent aigre nous fait frissonner et achève de nous transformer en statues de sable. Il a beaucoup plu les jours précédents et nous craignons un déluge nocturne qui noierait le bivouac. L'intendance s'organise dans une toute petite tente ; Jean-Luc et moi, légèrement inquiets, installons notre couchage en plein air, le plus possible à l'abri du vent, derrière un muret de pierre.


 

Avec Youssef et l'oncle Ali



Puis, pendant que le tajine mijote, nous prenons le thé en devisant sous la tente. De temps à autre, soulevant un pan de toile, je jette un coup d’œil angoissé vers le ciel plombé, menaçant. Le chauffeur Mohamed, très bavard et sur de lui, y va du récit de ses exploits et de ses prophéties catastrophiques, mettent nos nerfs à rude épreuve. La mine réjouie,  il évoque constamment la météo alarmante, parle des récentes inondations. Il exprime ses craintes que nous soyons emportés et noyés par un déluge, nous raconte maintes anecdotes  qu'il a vécues avec d'autres touristes dans des circonstances semblables. Il est au comble de la jubilation -il faut l'imaginer grand et très costaud- quand il raconte la fois où "laissant les touristes sur une sorte d'île, il a traversé la rivière en crue avec de l'eau jusqu'aux aisselles, en portant son sac au-dessus de sa tête pour ne pas mouiller ses affaires" (il mime) " Et le courant était très fort ! " (Sous-entendu : "moi je le suis davantage"). Enfin il conclut : " De toutes façons moi je m'en fous, je dors dans le 4 X 4. " Et il éclate d'un énorme rire. Jean-Luc et moi trouvons cela moyennement drôle. Allons-nous finir comme Isabelle Eberhardt (1); noyés dans le désert ? Une pluie fine commence à tomber, coup de grâce pour notre moral déjà bien miné. A priori, on ne va pas se promener dans le Sahara pour essuyer des trombes d'eau, mais, je l’ai constaté à maintes reprises, la pluie fait bel et bien régulièrement partie du décor. Fort heureusement, pour hommes bêtes et plantes, devrais-je ajouter.


Après un moment d'inquiétude et de flottement, j'ai une inspiration subite. Je sors à l'extérieur de la tente, pour m'isoler un peu du groupe pendant cinq ou dix minutes. Assise en tailleur et les mains jointes, je contemple longuement le ciel noir, lui demandant humblement de nos épargner pour la nuit. Juste pour cette nuit. Recueillement. Silence...  Puis je m'introduis à nouveau dans la tente et le murmure des conversations.


Nous mangeons. Le repas est excellent, mais... je n'arrête pas d'y penser... N'y tenant plus, je sors de la tente et ose regarder le ciel. Est-ce possible ? Je n'en crois pas mes yeux ! Les nuages noirs se sont évaporés comme par enchantement, cédant la place à un vaste dôme scintillant d'étoiles ! Je pousse un cri de surprise et de joie : "Dieu merci, ma prière a été entendue ! " Et Lahcene, à qui rien n'échappe et qui a tout compris, d'ajouter avec beaucoup de sérieux, d'une voix parfaitement égale : " Moi aussi, j'ai envoyé un fax là-haut..."





 

(1) Isabelle Eberhardt (17 février 1877 à Genève - 21 octobre 1904 à Aïn-Sefra, Algérie) est un écrivain suisse d'origine russe, et française de par son mariage.

« à Aïn-Sefra, en Algérie, l'oued se transforme en torrent furieux. La ville basse, où elle résidait seulement depuis la veille, est en partie submergée. (…) Isabelle, affaiblie par le paludisme, ne peut fuir et meurt noyée». Source

 


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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 08:52

Sahara du MAROC - Région de Zagora - février 1999.

 

Durant les heures chaudes de la journée, les nomades se réunissent à l'ombre de la tente et palabrent interminablement, prennent le thé ou font la sieste. Je ne suis guère habituée à  cette vie en groupe, à tous ces "contacts rapprochés ", même s'ils sont chaleureux et paisibles.


 

Lahcene se reposant en compgnie de son père, Youssef


J'ai parfois du mal à m'intégrer aux conversations... En tant que " touriste ", femme qui voyage seule, je suis un objet de curiosité et d'étonnement permanent.  Les nomades observent le moindre de mes faits et gestes avec amusement comme si j'étais une sorte d'extra-terrestre.  Je comprends parfaitement cet état de fait, mais souhaite parfois m'échapper et aller respirer seule à l'extérieur de la tente. Ce besoin que j'ai de m'isoler est, je le vois bien, totalement incompréhensible pour les nomades, qui aiment vivre de façon très rapprochée et conviviale.


Ajourd'hui, échappant à cette promiscuité chaleureuse, mais néanmoins un peu étouffante de la tente berbère,  je respire enfin une bouffée de solitude. Me voici, déambulant sur le reg(1),  immense plaine pétrifiée, chaos de roches déclinant toutes les nuances de bruns, beiges, roses, ocres, violets, noirs dans la lumière du couchant... De rares arbustes épineux concurrencent les pierres dans leur immobilité absolue. Seules leurs ombres qui s'allongent à vue d’œil semblent douées de vie.  Au loin,  de petites montagnes brunes, semblables à d'énormes dunes figées dans la lumière crue, ondoient mollement à l'infini... Le contraste entre le plateau rugueux, chaotique et la douceur de l'horizon, est saisissant.

 

Pas à pas, lentement, je savoure la douceur de l'air, l'immense silence, l'incomparable paix, la sérénité grandiose de ce paysage,  laissant mon regard se poser doucement sur chaque pierre, étudiant rêveusement formes, nuances et couleurs, un enchantement pour l'âme...

 

Dans ma progression lente entre rêve et réalité, mon regard se pose alternativement sur le sol et l'endroit où je pose le pied (arbustes épineux et pierres sont autant d’embûches) et sur le vaste horizon aux lignes souples. Il me semble que je fais si profondément partie de ce lieu, que je ne sens plus le poids de mon corps... Tout est si pur, si calme... Je flotte...  J'aimerais marcher ainsi, libre, aérienne, marcher sans jamais m'arrêter, envoûtée par ces instants hypnotiques...

 

Soudain, au loin, quelque chose interromp ma méditation et fait voler en éclats cette bulle légère et transparente dans laquelle je flottais dans l'air bleu...  Qu'est-ce que c'est  ? Un animal ? Une pierre ? Une pierre en forme d'animal ? On dirait un âne, un animal insolite, tout seul dans cette immensité. Rien aux alentours  à perte de vue.




 


 

Je redescends brutalement sur terre : cette « chose » capte toute mon attention et je ne peux plus en détacher mon regard. A bien y regarder, il semble effectivement s'agir d'un âne, un vrai. Absolument immobile, pétrifié, comme moi. Un âne caméléon dont la couleur est si parfaitement identique à celle des pierres, qu'on a peine à le détailler.

 

M'approchant à pas comptés, très, très lentement, je l'observe. Il n'y a plus que lui sur terre, plus rien d'autre n'existe. Va-t-il s'effrayer ? Va-t-il s'enfuir ? Non, il ne s'occupe nullement de ma personne, le regard perdu dans le lointain. Il m'ignore, absolument. Intriguée, j'avance encore. J'entends battre mon cœur. Un peu plus près... Pas un frémissement, indifférence totale à ma présence. Encore un pas. Je me sens un peu stupide, on jurerait que je découvre là une créature extraordinaire et que je n'ai jamais vu un âne de toute ma vie. Mais un rapide coup d’œil à gauche et à droite m'assure que personne ne me regarde.

 

Je suis très proche de lui à présent... Ah ! il bouge un peu la patte avant gauche. Va-t-il s'enfuir ? J'espère qu'il a deviné mes intentions très pacifiques ! Il esquisse alors un autre pas, qui semble lui poser problème... Je dois lui faire peur ? Il vaudrait bien s'éloigner, mais...

 

Enfin je comprends. Je vois distinctement un détail bizarre de son anatomie : le sabot de sa patte avant gauche a poussé démesurément (2), grotesque babouche qui l'empêche de marcher. Il amorce un ou deux pas en boitant lamentablement et en hochant ses grandes oreilles, mais rien à faire, il semble condamné à devenir ce qu'il semble être : un âne pétrifié...

 

Pauvre âne de pierre, je te regarde encore longtemps, très longtemps, le cœur un peu serré... Mais mon ombre s'allonge, s'étire et s'amincit, jusqu'à disparaître, comme absorbée par les rocs fracturés, qui s'éteignent dans le grand silence du désert rouge. La nuit froide va bientôt recouvrir toutes  choses de son lourd et froid manteau de velours, scintillant d'étoiles. Les nomades vont s'inquiéter pour moi, il est l'heure de rentrer.

 

 

 


(1) Un reg est un désert de pierres, une surface caillouteuse qui a été débarrassée des éléments fins par le vent. Il correspond à la roche en place ou à d'anciennes nappes de cailloutis.

Pendant le jour, les roches soumises aux fortes températures se dilatent. Au cours du refroidissement nocturne, les roches se contractent. Dans les roches constituées de minéraux différents ceux-ci se dilatent et se rétractent inégalement. La roche s'émiette. C'est la désagrégation mécanique. Dans les déserts, l'absence de végétation permet la mobilisation des débris par le vent. Celui-ci entraîne par déflation tous les matériaux fins, laissant sur place les matériaux plus lourds, qui continuent de subir la désagrégation mécanique


(2) Après  information auprès des nomades,  j'ai appris que cet âne avait un maître négligeant, oubliant de le "parer", c'est-à-dire d'entretenir ses sabots en enlevant l'excès de corne, qui sans cela pousse en engendrant ce genre de difformité.


 





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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 08:38

       Suite de :  L'album photo des nomades du Sahara du Maroc est en ligne                                        

 

 




Sahara du MAROC, région de ZAGORA, février 1998.


Le bois mort est recueilli avec discernement ; on n'arrache pas n'importe quoi n'importe comment. Il en va des futurs pâturages quand l'eau reviendra.


 Le pain et tous les aliments sont cuits à l'aide de ces buissons épineux secs qui crépitent. Dans ce feu « alimentaire », des braises seront prélevées pour la préparation du thé (brasero ou petit feu dans le sable).


Les soirées s'organisent autour de ces feux minuscules, parcimonieusement alimentés, autour desquels on se resserre pour bavarder.


Fraîcheur des soirées,  imposition des paumes ouvertes devant les flammes, enivrante et inoubliable odeur d'encens des feux du désert...


 

Enfants nomades se réchauffant, dans une soirée froide du Sahara, devant un petit braséro.

 


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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 07:23

Suite de l'article : Voyage au Maroc avec Lahcene, le nomade berbère


Avec l'accord Lahcene, vous pouvez rendre visite à sa famille nomade, dans l'Hamada du Draa, dans le Sahara du Maroc, en allant voir l'album ICI


Certaines photographies (quand j'y figure, par exemple) sont de Jean-Luc Krekels, le poète, qui m'a accompagnée lors du séjour de 2002.  Auparavant, j'y étais en 1998-1999.


Lors de ces voyages, j'ai écrit des textes, tenu un carnet de bord.

Je publierai très prochainement,  tous ces récits, illustrés de belles photographies.


Pour moi, c'est une façon comme un autre de " gérer la grisaille hivernale " et de rejoindre les nomades par l'esprit !

 

 

 

Rien ne se perd...

Zarah, la soeur de Lahcene, broie des noyaux de dates, pour les donner à manger  aux chèvres.

 


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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 13:52



Ce voyage-là, je l'ai fait il y a une dizaine d'années. Ce voyage-là, est resté gravé à jamais dans mon coeur.

Depuis quelques jours, je retrouve, numérise et regarde les photographies...Que d'intensité et d'émotion.

Les images ont fixé des moments précieux de partage, de bonheur, qui ont gardé une force et une fraîcheur intactes.


Je suis allée de nombreuses fois au Maroc. Un trek dans le Sahara marocain m'a ouvert les portes du désert et fait rencontrer Lahcene le nomade. Au cours des deux années suivantes, j'ai partagé, sous la tente berbère la vie de sa famille nomades. Ce fut un moment intense de ma vie, une révélation.

Cela n'a pas toujours été facile, tant nos habitudes façons de vivre et de penser sont différentes. Mais la beauté  de leur mode de vie, de leurs gestes, la gentillesse des nomades, reste pour moi une référence.

Je dois avouer que, même si je voyage moins ou plus du tout dans les pays " lointains ", leur préférant le territoire français, que je connais si mal finalement, cette façon de vivre "à même l'écorce de la terre " que les nomades m'ont apprise, est encore actuellement, la plus merveilleuse façon de vivre que je connaise, celle que je m'efforce de pratiquer le plus souvent possible, où que je sois.

Avec l'aimable permission de Lahcene, je mettrai prochainement en ligne un album photo sur sa famille nomade, qui a été avec moi si chaleureuse, accueillante, bienveillante.


Déjà, le temps nous rattrape, Youceff, le papa de Lahcene, nous a quittés. Ce homme qui respirait la bonté, au gestes et aux paroles mesurés, est parti sans que je puisse le saluer. "C'est la vie" comme disent les gens du désert, avec leur sagesse, que d'aucuns qualifient de " fatalisme ". Youssef me  rappellait mon grand-mère que j'aimais, Joseph, qui lui ressemblait.



Youssef, la chamelle et son chamelon



Lahcene, qui me téléphone assez régulièrement pour prendre de mes nouvelles, exerce la profession de guide méhariste.

Ce qu'il a à nous dire :


Avec le méhariste nomade Lahcen, vous ferez le voyage le plus authentique qui soit dans la traversée d'un désert. Aucun apprentissage préalable n'est nécessaire. Proposés sur la plupart de nos destinations, ces voyages vous permettront d'aller jusqu'au bout de vous-même, dans des paysages grandioses, en vous imprégnant d'une tradition culturelle forte, gage d'une approche intérieure complète. La présence de nomades plus nombreux facilite la rencontre.

Vous, les randonneurs, pouvez profitez de la forme bizarre des montagnes, des Jebels, des oasis verts, des Casbahs et des palmeraies. Vous pouvez dormir dans la douceur des dunes au clair de lune et de la voie lactée. Vous découvrirez la magnifique vallée du Draa, avec ses palmeraies, ses villages et ses atmosphères de la nuit des temps.Le grand Sud marocain offre une large palette de reliefs sahariens : des plateaux immenses, des dunes grandioses, des oueds, ainsi que le silence et les étoiles comme vous ne les avez jamais vues.
Nous vous laissons découvrir ces treks par vous-même car nos chameliers le disent: Le désert ça se vit, ça ne se raconte pas...

                                       

 

Lahcen AMDYAZE

Cite El Mansour

Eddahbi  Tansita

El Jadida Zagora 45900 Maroc

Tel: 00 (212) – 72-21-95-08

E-mail : zagorasud@yahoo.fr

 

 

Aide Organisateur, depuis 1992 

Excursion à dos de Dromadaire

et en 4x4, Méharées  de 1 à 15 Jours


en groupe ou en Individuel dans le Magnifique désert de la région de Zagora et de M’hamid.

Excursion à dos de dromadaire dans les hamadas, montagnes, dunes de Sable, oasis, kasbahs et palmeraies en compagnie de nomades. Toutes les Randonnées seront assistées par des Chameliers et amis fidèles, qui vous feront découvrir les beautés et secrets du désert,  ainsi que la cuisine typique berbère, les chants, la musique, la bonne humeur.

Vous Béneficierez  de l’hospitalité et d’un séjour inoubliable , ce qui vous donnera envie de retourner plusieurs fois chez Lahcen Amdyaze.


 

 


Lahcene et son père Youssef dans l'Hamada du Draa


Sous la tente berbère. De gauche à droite : Ihra, la maman de Lahcene, moi, Sfia, une de ses soeurs, Lahcene, Khedija, et Yousseff le papa de Lahcene.



Oncle Ali, moi, , Rkia la femme de oncle Ali, Chloo



La tente berbère dans l'Hamada du Draa


Certaines personnes se plaisent à dire que "dans le désert il n'y a rien à voir",
C'est qu'elles n'y sont pas allées. Elles ne savent pas que, justement,
 c'est ce "rien", qui permet de respirer, c'est tout cet espace, toute cette lumière,
tout ce temps qui semble s'être arrêté,
qui permettent de tout voir, mieux que partout ailleurs.


suite : L'album photo des nomades du Sahara du Maroc est en ligne



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Published by Mart - dans Sahara Maroc
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