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Suite de La glaciale présence des dieux, par Patrick Willinger
Cette fois, c'est à mon tour d'exprimer un ressenti.
Pas sur cette sortie avec Patrick, mais sur le même parcours, que j'ai refait deux jours plus tard.
Les conditions météorologiques étaient radicalement différentes !
Il faisait très beau : grand soleil et vent frais... J'ai essayé d'être attentive aux ambiances forestières, à la magie de la forêt, des hautes chaumes...
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A mon arrivée dès le lever du jour, les fougères de feu déploient leurs fractales dans la lumière de l'astre d'or.
Le sous-bois s'illumine et exhale ses dernières vapeurs ; un être de mousse et de bois semble me faire signe.
Et voici que le vent m'ouvre ses grands bras frais.
Le rythme de mes pas se fait plus lent encore, s'adapte à l'étroit sentier.
Les pierres, douces chairs de grès rose, déroulent leurs sensuelles courbes.


Les auges remplies d'eau pure capturent une parcelle de ciel bleu, y emprisonnent une des mille mains d'un épicéa, aux longs ongles peints de précieux cônes d'or.

Éventails jaune paille ou houppes de barbier géantes, les Molinies bleues accompagnent le vent de leur danse souple. Elles font un bruit de frou- frou, comme une invisible présence.

La teinte brulée des Callunes rehausse le vert cru des sapins.

De vieilles souches achèvent leur lente décomposition et volent en éclats, jaunes comme les Molinies.
Là-bas, un casse-noix répète inlassablement son cri rauque.
Et... Oh ! Est-ce le vent ? On dirait que les pierres chantent !
A bientôt !


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J'aime ton alternance de mots et d'images, c'est si rare de s'imprégner autant d'une déambulation intime. On te suit pas à pas en imaginant ton regard se poser, là sur une roche, là sur une mollinie, toujours dans l'analyse d'un bel éclairage.
Tu as comme toujours tout compris, cher Bertrand.
Solitude, lenteur extrême des pas, mais rapidité de l'éclair pour saisir une lumière fugace...
Ces rayons de lumière, là, dans la brume... Vite, je les prends en photo. Je m'approche un tout petit peu plus voulant faire mieux et, oups ! ils ont disparu. Je peux bien attendre tout le temps que je veux, ils ne reviendront pas. Ils sont partis jouer ailleurs avec les arbres, comme des lutins farceurs.
Mais c'est vrai que ces déambulations contemplatives, où le rythme lent des pas alterne avec un oeil vif et une rapidité du geste photographique, on ne peut guère les vivre que seul.
Beatitude-excitation, bronzette allongée sur une belle pierre, course pour rejoindre la voiture avant la nuit... Sensation de louper quelque chose encore, que les lampes de chevet ne seront pas immortalisées comme il se doit ; excitation-contemplation-déception-frustration, telles sont les " musiques intérieures" de mes sorties rando-photographies.
Et c'est encore autre chose devant le PC. les déceptions s'effacent devant quelques images assez réussies.
Et on a envie de remettre cela au plus vite : un autre lieu de découverte se dessine, on en caresse d'avance les contours brumeux avec convoitise...
C'est une poésie comme j'aime, pleine de délices et de splendeurs,
Dans le grand libertinage avec la Nature, les arbres, les mousses et les éléments,
Jusqu'à l'évanouissement, aux limites du ciel et de la terre
Je sais que la-bas la beauté n'est pas un vain sentiment fait d'amertume et d'absence
Qu'il est bien bien plus, une exaltation de l'aurore naissante,
Au moment où les arbres nous regardent, nous sondent, nous révèlent
Lorsque le paysage s'anime et respire, pour nous inviter à un surcroit de terre et de rêves
A l'instar de ces deux sabots de Vénus écarlates qui traçaient le chemin vers l'irréelle vérité (*)
Où l'automne chancelle, pour mieux voir la froide lumière qui s'élève derrière les brumes...
Aaaaaaahhhh !