Partager l'article ! Dimitris Dimitriadis, dire l'insoutenable sans jamais rien dissimuler: Cet auteur, dont j'ai entendu les textes magnifiquement l ...
Cet auteur, dont j'ai entendu les textes magnifiquement lus à France Culture, un soir, dans ma voiture, alors que je rentrais d'une virée en Alsace, m'a profondément émue.
Il s'agissait de la création radiophonique : Cycle Dimitris Dimitriadis-Je meurs comme un pays suivi de Léthé
Cette création comportait des extraits de
Je meurs comme un pays terrible, bouleversant
Léthé" Cinq monologues très émouvant (1)
Pas de mensonge. Dans un monde idéal, Dimitris Dimitriadis remplacerait le mensonge vital par l'irrespect vital :
''Je crois que les mensonges sont mortels, et non vitaux, et que l'entretien des mensonges vitaux en ce qui concerne les peuples, les nationalités, les groupes ethniques, les collectivités, etc., est désastreux. Il ne permet pas de dégagement de forces créatrices, qui pourtant existent mais, du fait de ces stéréotypes, restent enfouies.''
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Né à Thessalonique en 1944, Dimitris Dimitriadis fait des études de théâtre et de cinéma à l'INSAS (Institut
National Supérieur des Arts du Spectacle) de Bruxelles entre 1963 et 1968, en qualité de boursier de l'Etat belge.
Au cours de ces années, il écrit directement en français sa première pièce de théâtre : Le Prix de la révolte au marché noir (1965-1966), que Patrice Chéreau monte en
1968 à Aubervilliers.
Suivent, entre autres :
- La Nouvelle église du sang (1983),
- L'Elévation (1990),
- L'Harmonie inconnue de l'autre siècle L'Arche de la vie (1994) ;
- Le vertige des animaux avant l'abattage (1997),
- Procédure de règlement de différends Ulysse, Ithaque, Homère.(1992),(2004) et le triptyque de l'Homériade
Dimitriadis est également l'auteur de plusieurs textes en prose :
- Je meurs comme un pays (1978),
- L'Anathèse (1986),
- Léthé, cinq monologues (2000).
- Son roman Humanodie. Un millénaire incomplet, en dix volumes, dont seuls le premier et le septième sont parus en 2002, a obtenu l'année suivante le Prix d'Etat du meilleur roman.
Poète, il compose des Catalogues, dont neuf recueils (1-4, 5-8, 9, 10-12) sont publiés à ce jour.
Dimitris Dimitriadis a traduit des textes de Genet, Sartre, Blanchot, Bataille, Gombrowicz, Duras, Nerval, Molière, Kostas Axelos, Courteline, Maeterlinck, Shakespeare, Tennessee Williams,
Eschyle, Euripide, Beckett, Drieu la Rochelle, Julien Green ou Cioran.
Les pratiques littéraires variées de Dimitris Dimitriadis traduisent chez lui une volonté de ne pas s'enfermer dans une catégorie, de dépasser les frontières de la littérature. Tout à la fois poète, prosateur, romancier, essayiste, dramaturge et grand traducteur d'auteurs classiques, il part en quête de l'être humain grâce à une écriture qui décortique, ''démolit pour faire renaître, décompose pour recréer'' d'après les mots d'une de ses traductrices, Dimitra Kondylaki.
L'écriture travaillée, précise, de Dimitris Dimitriadis lui permet de dire l'insoutenable sans jamais rien dissimuler.
(1) - Dans la mythologie grecque, Léthé (en grec ancien Λήθη / Lếthê, « oubli »), fille d’Éris (la Discorde), est la personnification de l'Oubli.
Elle est souvent confondue avec le fleuve Léthé, un des cinq fleuves des Enfers, parfois nommé « fleuve de l'Oubli ».
Après un grand nombre de siècles passés dans l'Hadès, les âmes des justes et celles des méchants qui avaient expié leurs fautes aspiraient à une vie nouvelle, et obtenaient la faveur de revenir sur la terre habiter un corps et s'associer à sa destinée. Mais avant de sortir des demeures infernales, elles devaient perdre le souvenir de leur vie antérieure, et à cet effet boire les eaux du Léthé, qui provoquaient l'amnésie.
Le Léthé coulait avec lenteur et silence : c'était, disent les poètes, le fleuve d'huile dont le cours paisible ne faisait entendre aucun murmure. Il séparait les Enfers de ce monde extérieur du côté de la Vie, de même que le Styx et l'Achéron les en séparaient du côté de la Mort. La porte du Tartare qui ouvrait sur ce fleuve était opposée à celle qui donnait sur le Cocyte.
Il est ordinairement représenté sous la figure d'un vieillard qui d'une main tient une urne, et de l'autre la coupe de l'Oubli.

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