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Dans l'ombre du Climont, brume et neige sur La Grande Fosse : Image 3 et 4
Dans les brumes bleues du Climont. (Elevation, Charles Baudelaire) : Images 1 à 6

Je ne me lasse pas de regarder ces photos, celle qui figure ci-dessus en particulier -, parce que j’ai l’impression de pouvoir y entrer comme j’entrerai dans un sanctuaire ou dans un rêve qui me ferait dire : « Non, c’est la réalité ».
On sent derrière la solitude des lieux, un ensemble frémissant où la vie s’écoule comme une source, où le ciel, par ses brumes légères, visite les montagnes, embrassant d’un frais lacis, l’immense profondeur forestière.
Je dirai que ces photos ne sont pas de simples images.
Elles dépassent l’aspect extérieur des choses pour en saisir la pureté intérieure.
Le charme silencieux des paysages de haute Bruche est entièrement distinct des contours et des formes du relief.
On sent qu’il ne se donne pas au premier abord, ni au visiteur hâtif.
Pour en comprendre la force et entendre ses palpitations retenues, il faut l’atteindre dans son âme et ainsi le recréer.
Cela nécessite un esprit de créateur. Et tu t’y emploies avec une grande maitrise !
S’il s’agit, pour le photographe, de saisir le cœur vital des choses, il doit se trouver dans une parfaite disposition intérieure qui ne peut venir, à mon sens, que d’un enseignement progressivement forgé sur le terrain.
Il n’y a pas de bonne photo lorsque l’œil émerveillé et le regard intérieur, font défaut.
Il n’y a pas d’âme dans une photo où le désir d’accueil et d’ouverture au monde sont absents.
Il s'agit alors d'une triviale « capture d’images » qui s’épuise en pure extériorité et devient une banale « représentation »
Et la Nature sera considérée, comme un simple « décor extérieur », une « fournisseuse d’image »
Je ne me lasse pas de regarder ces photos parce qu’elles contiennent une émotion, qu’elles réalisent une vision du monde.
Les choses m'apparaissent alors sous un aspect inaccoutumé.
Le contact est renoué avec les forces profondes et libres de l’homme.
Si la Nature a ici tous les signes d’une réalité spirituelle, c’est bien d’une spiritualité vivante et organique qu’il s’agit.
Elle n’est pas fonction de ce que ton cerveau a emmagasiné en qualité de notions ou de théories, mais de ce que tu as réussi à faire vibrer au rythme de ton corps et de ton sang, avec en perspective une purification profonde de l’âme…
Pour terminer, je pense ici à deux auteurs dont la voix est sûre parce qu’elle nous montre une voie….
« Une connaissance que n’a pas précédé une sensation m’est inutile » - André Gide
« J’aime me mouvoir dans le ciel, parce que cela me fait oublier les hommes, avec toutes leurs laideurs
» - Maryse Hilsz, aviatrice "
Patrick willinger
5-2-2012
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