La réaction de Patrick Willinger à l'annonce de cette triste nouvelle...
Patrick photographiant Valérie, dans une ébouissante démonstration de tango argentin,
sur le parking du refuge de l'Union, Grand Ventron, le 11-06-2010
La musique choisie venait du lecteur CD de la voiture de Valérie
" Je dois te parler un instant de Valérie...
J'ai appris la nouvelle en lisant ton mail hier
Mais je n'avais rien compris à ce moment-là...
Car ce n'était alors qu'un simple prénom, sans visage, sans expérience
Ce n'est que ce soir, en ouvrant " Vosges Passion " que les choses se sont imposées avec clarté et lucidité
Valérie, je l'avais rencontré, une seule fois, lors d'une belle journée de juin 2010, au Grand Ventron
Je me souviens avoir longuement discuté avec elle
Et j'ai le même sentiment que toi : je l'ai tout de suite aimée
C'est une femme que j'ai connue dans l'instant, je dirai sans détour, immédiatement
Le dialogue, par un certain ton, une fluidité naturelle, ignorait d'emblée les limites et la distance.
J'ai senti tout de suite, son " engagement entier ", comme si je l'avais connue depuis toujours.
En un raccourci de seconde, j'ai saisi sa flamme essentielle, sa vivacité, à la fois douce et tranchante.
Au moment même où je lui ai adressé la parole, je suis entré dans cette expérience qu'on ne peut ni décrire ni traduire.
Mais dont on sait, qu'elle est tissée de cette grâce infinie de la rencontre, où chacun, sans entrave, reconnait l'autre, au-delà des conventions, dans un partage sans faille.
C'est un état de joie indescriptible, un instant-vie rarement accessible. D'emblée la relation ignore la surface insipide des choses.
Elle est spontanément totale parce qu'elle explore l'essentiel, dans un mouvement libre où chacun se sent transformé.
Je suis vraiment triste et j'ai du mal à en parler...
J'ai l'impression que la disparition de Valérie n'est pas de l'ordre de la réalité
Que dire ? Valérie m'inspire de belles pensées, faites d'étonnement, de joie et de sympathie
Je me souviendrai de son sourire, de son exubérance et, - en pensant à elle -, je garderai au fond de moi ce sentiment qu'il y a des rencontres qui nous créent.
"
Patrick Willinger 10-12-2010
Refuge de l'union dans la brume de juin
Suite : " Ce qui me bouleverse chez autrui... " par Christian Bobin
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Valérie avait beaucoup d'humanité. Elle est partie sur l'autre rive, très discrètement.
Bonjour Jacques,
La sobriété de ce commentaire en fait toute la force.
Merci.
Vous l'aviez connue, sans doute ?
... C'est toujours bien triste de voir partir pour le dernier voyage les gens que l'on aime ! J'ai, personnellement, accompagné mon frère ce 16 juillet jusqu'à son dernier envol vers un monde sans souffrance ! Me voilà "orpheline" de mes deux frères !
Je me régale toujours autant de tes photos et des textes de Patrick ... Merci à vous de faire vivre ces moments enchanteurs au-delà du souvenir visuel ! Je parcours toujours autant les chemins de nos Vosges ! Nul besoin d'aller ailleurs, tout est ici pour qui sait le découcrir ! Amicalement, L'Amie du vent ....
Eh oui chère amie du Vent, c'est notre lot à tous, de partir ainsi. Et plus on a la chance (?) d'avancer en âge, et plus on voit partir de parents, d'amis. C'est ainsi.
Je suis bien heureuse que tu te délectes des textes de Patrick et de mes photos. Je n'oublierai jamais combien tu as participé courageusement à mes "épopées" et chaque hiver, je m'en souviens avec plus d'acuité encore. Le refuge Vaxelaire... L'Altenberg... par moins huit degrés, dans les Vosges du Sud, le Schweinfels (ou Kopf je ne sais plus) dans les Vosges du Nord, par moins dix... On n'oublie pas, tout cela.
Toute rencontre nous crée, quelqu'elle soit , je crois , et par ces temps que nous vivons, même les virtuelles .La preuve : Valérie je ne te connaissais pas et vraiment peu m'importe depuis quel royaume des elfes , je suis convaincue que tu m'inspires ce "commentaire".
A toutes les belles rencontres qui marquent notre cœur, les plus positives et les plus importantes, il n'y a pas lieu d' attendre qu'elles nous y laissent un grand froid, il est toujours urgent de rendre hommage et de témoigner amour et amitié.
A toi Rsut, plein de tendresse en ces jours de l'Avent. MICHELE
Oui, tout est toujours urgent ! Il faut que les choses soient faites, soient dites, quand il le faut, avant de sombrer dans les limbes de l'oubli.
Plein de tendresse aussi pour toi, ma Michèle et tellement charmante ex-collègue de travail.
Et merci pour ton beau commentaire qui me va droit au coeur.
Que de bons souvenirs en ta compagnie...
Beaucoup d'émotions dans ce texte de Patrick. Une bien belle pensée pour Valérie.
Tu l'avais croisée il me semble ?
Je le dis avec mes mots maladroits, mais Valérie, c'était, un être de lumière et d'amour.
Sa disparition causera bien du chagrin à plus d'un et plus d'une.