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ONDINE

(1939)

JEAN GIRAUDOUX


(1882-1944)


C'est un conte du romantique allemand La Motte-Fouqué (1777-1843) qui inspira Ondine à Jean Giraudoux. Le thème de la nixe qui cherche à s'incarner dans l'humain est un topos du conte merveilleux (on le retrouve dans le mythe celtique de Mélusine). Mais alors que, dans ces traditions, l'ondine souhaite gagner dans cette forme humaine un supplément d'âme ou assume une vieille malédiction, l'héroïne de Giraudoux y perd par amour ses attributs surnaturels. Le dramaturge a trouvé là une occasion de représenter les rapports impossibles de l'homme et de la femme, dans une féerie théâtrale où la fantaisie se mêle à la rigueur de la tragédie classique.


Voici deux extraits du film "Ondine", d'après l’œuvre de Jean Giraudoux, réalisé en 1975 pour la télévision, par Raymond Rouleau, avec le tempérament et la fragilité et  d'Isabelle Adjani, (1) et le beau, inspiré  Jean - Luc Boutté (2).


Alors que le vieux pêcheur Auguste et sa femme Eugénie s'inquiètent de ce qu'Ondine ne soit pas de retour dans leur cabane (scène 1), survient Hans von Wittenstein zu Wittenstein qui, bavard, évoque son métier de chevalier errant et son futur mariage avec Bertha (scène 2). Ondine apparaît alors,  jette  par la fenêtre la truite au bleu dont il s'apprêtait à se régaler et s'enfuit (scène 3). Auguste et Eugénie se confondent en excuses et vont quérir du jambon (scène 4). Réapparue, Ondine déclare son amour à Hans et vainc magiquement sa résistance (scène 5). De retour, les parents mettent la conversation sur Bertha, ce qui provoque la fureur d'Ondine qui, une nouvelle fois, quitte la scène en maudissant les mensonges humains (scène 6). Les parents révèlent alors au chevalier la vraie nature d'Ondine et les grandes forces qui sont autour d'elle. Malgré les avertissements d'Auguste, Hans affirme son intention de l'épouser (scène 7). Resté seul, le chevalier est charmé par les chants de plusieurs nixes, qu'Ondine a bien du mal à faire taire (scène 8). A l'issue d'une scène où Hans et Ondine échangent leurs promesses, le Roi des Ondins prévient celle-ci : "Tu acceptes le pacte s'il te trompe, honte du lac !" (scène 9). Source




 

 


























Atrticles en rapport dans ce blog :


Ondine, poème d'Aloysius BERTRAND


Femme sauvage







(1) Isabelle Adjani Wikipedia


(2)  L'humanité, 27 février 1995 :

"JEAN-LUC BOUTTE, comédien et metteur en scène dont la quasi-totalité de la carrière s’effectua à la Comédie-Française, où il était sociétaire depuis 1975, s’est éteint hier à Paris des suites de la maladie dite de Hodgkin. Il avait quarante-sept ans. L’affection dont il souffrait, qui le priva progressivement de l’usage de ses jambes, s’était déclarée au début des années quatre-vingt. Entré il y a quelques jours à l’hôpital pour une visite de contrôle, Jean-Luc Boutté était brutalement tombé dans le coma le week-end dernier.


Quel crève-coeur ! Nous l’avons vu, jour après jour, lutter pied à pied. Il a joué jusqu’au bout de ses forces. Ce fut d’abord à l’aide de cannes. La dernière fois, au printemps dernier, pour « la Glycine », de Rezvani, au Vieux-Colombier, c’était dans un fauteuil roulant.

Etre et acteur de caractère, plutôt taiseux à la ville, Jean-Luc Boutté a été sans conteste une figure marquante du Français. Il était d'une rare beauté ombrageuse ; un casque bouclé de cheveux noirs, l'oeil vert expressif, le profil grec, sur le tard émacié, devenu sensiblement aquilin. Parfait masque de chair pour la tragédie. On put en juger dans « Père » de Strindberg, en Shylock du « Marchand de Venise » ou dans l'Alceste du « Misanthrope », pour ne parler que d'interprétations relativement récentes. Le metteur en scène, en lui, apparut empreint de rigueur, sans écrasant parti pris esthétique, surtout attentif à la mise en jeu des interprètes.

Rappelons-nous sa « Lucrèce Borgia » d'Hugo. Ce soir, à Hébertot, c'est la « générale » de presse de « Maître », de Thomas Bernhard, pièce à laquelle il venait de mettre la dernière main. Le Français perd quelqu'un qui fit beaucoup pour sa dignité. Et comment ne pas songer du coup à la perte, pas si lointaine, de Richard Fontana, qui fut son ami ?" Source










Publié dans : Cinéma
Samedi 20 décembre 2008 6 20 /12 /Déc /2008 09:15
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