Liberté !

par Mart  -  4 Juin 2008, 15:38  -  #Poésie

Avec l'aide d'amis "autorisés", notamment Yves Muller, président de la LPO Alsace, j'apprends chaque jour davantage à identifier le chant des oiseaux.

Dernièrement, j'ai relu ce très beau poème de Victor Hugo, et découvert un site intéressant, émouvant, je vous en donne l'adresse en fin d'article.


 

Hirondelle (libre !)

Chant de l'hirondelle




LIBERTÉ !



De quel droit mettez-vous des oiseaux dans des cages ? 
De quel droit ôtez-vous ces chanteurs aux bocages, 
Aux sources, à l'aurore, à la nuée, aux vents ? 
De quel droit volez-vous la vie à ces vivants ?

Homme, crois-tu que Dieu, ce père, fasse naître 
L'aile pour l'accrocher au clou de ta fenêtre ? 
Ne peux-tu vivre heureux et content sans cela ? 
Qu'est-ce qu'ils ont donc fait tous ces innocents-là 
Pour être au bagne avec leur nid et leur femelle ? 
Qui sait comment leur sort à notre sort se mêle? 
Qui sait si le verdier qu'on dérobe aux rameaux, 
Qui sait si le malheur qu'on fait aux animaux 
Et si la servitude inutile des bêtes 
Ne se résolvent pas en Nérons sur nos têtes ?

Qui sait si le carcan ne sort pas des licous ? 
Oh! de nos actions qui sait les contre-coups, 
Et quels noirs croisements ont au fond du mystère 
Tant de choses qu'on fait en riant sur la terre ? 
Quand vous cadenassez sous un réseau de fer 
Tous ces buveurs d'azur faits pour s'enivrer d'air, 
Tous ces nageurs charmants de la lumière bleue, 
Chardonneret, pinson, moineau franc, hochequeue, 
Croyez-vous que le bec sanglant des passereaux 
Ne touche pas à l'homme en heurtant ces barreaux ? 
Prenez garde à la sombre équité. Prenez garde ! 
Partout où pleure et crie un captif, Dieu regarde. 
Ne comprenez-vous pas que vous êtes méchants ? 
À tous ces enfermés donnez la clef des champs !

Aux champs les rossignols, aux champs les hirondelles ; 
Les âmes expieront tout ce qu'on fait aux ailes. 
La balance invisible a deux plateaux obscurs. 
Prenez garde aux cachots dont vous ornez vos murs ! 
Du treillage aux fils d'or naissent les noires grilles ; 
La volière sinistre est mère des bastilles. 
Respect aux doux passants des airs, des prés, des eaux ! 

Toute la liberté qu'on prend à des oiseaux 
Le destin juste et dur la reprend à des hommes. 
Nous avons des tyrans parce que nous en sommes. 
Tu veux être libre, homme ? et de quel droit, ayant 
Chez toi le détenu, ce témoin effrayant ? 
Ce qu'on croit sans défense est défendu par l'ombre. 
Toute l'immensité sur ce pauvre oiseau sombre 
Se penche, et te dévoue à l'expiation. 

Je t'admire, oppresseur, criant: oppression ! 
Le sort te tient pendant que ta démence brave 
Ce forçat qui sur toi jette une ombre d'esclave 
Et la cage qui pend au seuil de ta maison 
Vit, chante, et fait sortir de terre la prison.




Victor HUGO


(LA Légende des Siècles)






Merle noir

Chant du merle noir









Moineau domestique





Cigognes Lindre Basse





Pour l'amour et la protection des animaux,


Un site d'exception :
Bleuceanne





Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Bleuceanne 07/06/2008 01:31

Ce poeme est si beau... ça m'en donne des frissons, bonne nuit et bon week end

Bleuceanne 07/06/2008 01:29

Je suis vraiment très touchée ! Merci de ta gentillesse, entre amis des animaux (et donc des hommes ), on arrive à sauvegarder un peu de paix dans ce monde, même si ce n'est possible qu'autour de nous, c'est toujours cela, et puis ensemble on peut faire beaucoup. Bisous de Plouescat

Bertrand 05/06/2008 21:38

Grâce à ton site, chère Martine, on suit de près l’évolution de tes nombreux et passionnants centres d’intérêts. Le dernier en date, il me semble, le chant des oiseaux. Quelle excellente occupation, tu vas désormais courir dans les bois différemment, en ayant toujours l’oreille attentive aux nombreux chants de l’avifaune environnante. La grande majorité des promeneurs ignorent ces douces notes qui inondent les arbres de nos forêts. Quel dommage, mais rien n’est évident, l’identification est ardue. Il est parfois nécessaire d’être idéalement accompagné pour bénéficier d’une aide précieuse, je pense bien sûr au maître du chant des oiseaux, qui aura su te transmettre sa dévorante passion pour nos petits êtres volants, synonymes de liberté !

Philippe 04/06/2008 20:35

Oh Martine je vois que tu as bien bossé cet après-midi pendant que moi je faisais des km en voiture.Très joli poème. J'aime bien le petit moineau tout rond sur sa tuile. Philippe

Mart 05/06/2008 07:42


Oui, je suis une bête de boulot ! J'ai fermé le pc hier  à 23 heures, pour le rouvrir ce matin à 5 heures ! J'avais fait un super montage avec une fée au lac de la Maix, mais le logiciel a
beugué et plouf ! Tout a disparu. A refaire, comme dirait... !!!