Partager l'article ! Mégalithes du Steinberg, Petit Ballon et pensées sauvages: ...
Les rocs
La danse est en eux,
La flamme est en eux,
Quand bon leur semble.Ce n’est pas un spectacle devant eux,
C’est en eux.C’est la danse de leur intime
Et lucide folie.(…)
Guillevic,
poète breton,
dans « Terraqué », 1942
24 mai 2006
Un court séjour au sommet du Petit Ballon (1 272 m) et de son proche voisin le Steinberg
(1 177 m), permet, paraît-il, de bénéficier d’un « bain vibratoire cosmo-tellurique très positif ». Le Petit Ballon, ou Kahlenwasen, serait un ancien observatoire solaire et lieu de culte au dieu solaire Belenos. On y jouit d’une vue exceptionnelle. Par beau temps, on aperçoit :
- au nord, le Brezouard et le Donon,
- au nord-est, le Hohnack et les Trois Epis, le Taennchel et le Haut-Koenigsbourg,
- au nord-ouest, le col de la Schlucht,
- vers l’est, la vallée de Munster, les châteaux médiévaux de Pflixbourg et le Hohlandsberg, le Staufen,
- à l’ouest, le Hohneck,
- au sud-est, Buhl, Guebwiller et la plaine du Rhin,
- au sud, le Hohrupf, le Vieil Armand ou Hartmannswillerkopf et le Grand Ballon,
- certains jours, on peut également apercevoir les Alpes jusqu’au Mont Blanc.
Les anciens avaient observé que, quand du sommet du Ballon d’Alsace, on voyait le soleil se lever derrière le Petit Ballon, on était au solstice d’été. Inversement, quand, du sommet du Petit Ballon, on voyait le soleil se lever derrière le Ballon d’Alsace, on était au solstice d’hiver. Il faut imaginer, aux solstices d’été et d’hiver, par une belle nuit étoilée tous les sommets sacrés illuminés de grands feux…
En route vers le Steinberg !
Réservant la découverte du Petit Ballon au lendemain, ce soir, à partir du parking situé à 1163 m au pied du Petit Ballon, nous partons en direction du nord-ouest vers le Kegelritz (1 166 m), pour atteindre le sommet du Steinberg ( 1 177 m), qu’aucune pancarte ne signale.
Il convient, tournant le dos au Petit Ballon, de suivre le sentier qui longe la clôture et qui passe à gauche d’un ancien blockhaus. Nous avançons dans la lumière crépusculaire en rêvant aux prêtres et fidèles d’un culte mégalithique qui, peut-être, déambulaient dans ce chaos granitique à l’allure de menhirs, il y a plus de 2000 ans, ainsi que sur le Petit Ballon.
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Nous marchons doucement sur le sentier, guettant les « lampes de chevet » dorées qui commence à s’allumer et à illuminer les pierres…
Soudain, c’est le choc ! Là, derrière nous, sans faire le moindre bruit, le sommet du PetitBallon est en train d’accoucher d’une splendide pleine lune brillante, qui s’élève majestueusement dans le ciel mauve ! Un long arrêt contemplatif (et photographique) s’impose.
Quelle fascination ! Quelle chance avons nous d’être là, précisément, au bon moment ! Mais la fascination est toujours mêlée d’une pointe d’inquiétude… La relative rapidité avec laquelle l’astre s’élève dans le ciel, nous rappelle notre statut de microscopique mortel, poussière posée sur une autre grosse boule qu’est la terre, qui tourne, tourne vertigineusement, en emportant nos jours…Un quart d’heure de marche sur le chemin bordé de buissons de myrtilles, framboisiers, genévriers et pensées sauvages, mène au début du chaos rocheux du bien nommé Steinberg, puisque ce toponyme signifie « montagne de pierres ».
Nous voici devant « la porte » sorte de dédale menant à l’entrée du « sanctuaire rocheux « . Le « gardien », imposante statue naturelle évoquant une tête colossale au gros nez surmontée d’un petit chapeau, nous accueille, l’air boudeur.
En attendant, pour capter les ultimes rayons du soleil couchant, je cours, au risque de me rompre le cou, vers amoncellement de blocs surmonté d’une grosse boule moussue, qui semble posée là en équilibre sur son piedestal de granit, depuis la nuit des temps...
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En cette belle soirée de mai fraîche et parfumée, dans l’obscurité naissante, nous progressons sur l’arête sommitale. Vue de loin, cette longue épaule d’alpage peuplée de blocs granitiques « érigés », ressemble au dos d’un monstrueux dinosaure, hérissé d’écailles. C’est l’heure bénie des photographes, où le soleil commence à parer les blocs de nuances rouges et dorées. Pas seulement des photographes. Il y a là une petite famille, un homme, une femme et une frêle fillette, juchés sur d’énormes blocs, qui semblent goûter à la paix du soir et, pourquoi pas, se charger de l’énergie de ce lieu exceptionnel.
A l’ extrémité de la crête, au lieu dit « Grothkopf », nous cherchons un endroit propice à la méditation, pour goûter au mystère des dernières lueurs du couchant... Nous hésitons entre un endroit confortable, plat, mais venteux et un autre, pentu, mais abrité. Ce dernier l’emporte. Et là, assis sur une belle pierre tiède, nous rêvons devant la ligne de petites montagnes, vagues turquoise dans le ciel bleu pâle...
L'ivresse des cimes, le silence et la vue exceptionnelle nous donnent envie de nous fondre dans l'éther…
Ci-dessus, rochers du
Grothkopf et
ci-dessous,vue sur le Hohneck
Le matin à l'aube, nous revoici dans les lieux, tournant inlassablement autour de cette statuaire naturelle, composée d’un bloc massif dont les deux côtés semblent avoir éclaté, l’un se muant en une magnifique lame de granit, à la géométrie impeccable, dressée vers le ciel.
Mon "gardien" dédaigneux est toujours là, en méditation. Sous un certain angle, un autre rocher, légèrement en retrait, lui ressemble.
Mon appareil en mains, je prends garde tout d'abord de ne pas chuter en escaladant de chaotiques blocs acérés, puis, de retour sur la chaume, de ne pas écraser les délicats tapis de pensées sauvages. Ces petites fleurs soyeuses aux nuances chatoyantes, ressemblent à des milliers de papillons colorés qui seraient reliés au sol par un fil vert ! Par leur "scintillement" dans la lumière du matin et leur nombre infini, elles évoquent les étoiles...
Mon camarade et moi passons de longs moments allongés dans les herbes piquantes et drues, pour photographier ces fleurs délicates de très près, essayant de rendre compte de leurs infinies nuances … Puis, alors qu'il se concentre sur une touffe de pensées violettes, une procession interminable de randonneurs « du troisième âge », surgit tout à coup ! Le voyant si bien "perdu dans ses pensées bleues", l’un d’entre eux claironne ce conseil, avec un fort accent alsacien :
« Yanna ôôssi des chôôônes !»
(traduction : "Avez-vous vu qu'il y en a aussi des jaunes ? N'oubliez pas de les photographier ! ")
Fou-rire !
Cette procession de randonneurs, à l’allure de « retraités sportifs » -l’un d’entre eux va même affirmer : « Ben, on avance, tant qu’on tient encore debout ! »- s’éloigne vers le Grothkopf en direction de la vallée, au pas de commando ! Quant à nous, plus contemplatifs en ce jour, nous sommes enchantés de nos découvertes et de la moisson de photographies. L’air et le ciel purs, la beauté du site, nous ont comblés d’un bonheur et d’une énergie indescriptibles.
A la "conquête" du Petit Ballon
Nous retournons d’un pas léger vers le parking, et en route pour le GR 532, en direction du Hilsen ! Le soleil tape dur, un petit chapeau et des lunettes ne sont pas superflus…
Refuge Bockswasen
Arrêt photo avec un sentiment proche de la convoitise, devant une séduisante maisonnettede pierre, aux volets rouge vermillon et aux panneaux solaires bleus, le refuge Bockswasen, situé à 1186 mètres d’altitude. Il n’est pas accessible en voiture. Moins de 20 minutes à pied ou en raquettes sur le GR 532 permettent d’y goûter à « l’ivresse des cimes », avec vue circulaire sur le massif, du Hohneck au Schnepfenried. Cinq dortoirs peuvent accueillir les membres et amis du « VTS », les « Vosges Trotteurs de Strasbourg » (Association sports, loisirs et nature, fondée en 1909 et affiliée à la Fédération Française de Ski). L’association propose par ailleurs deux autres refuges, aussi coquets :
- Le refuge du champ du feu à 1000 mètres
- Le refuge Campanule, au Gaschney, à 1150 mètres.
Parfaitement écologique, le Bockswasen, dont l’éclairage se fait avec l’énergie solaire et le chauffage au bois, peut loger 19 personnes. Les « VTF » recommandent vivement la table des « voisins », la famille Lochert, à la ferme-auberge du Rothenbrunnen. Le refuge Bockswasen est le point de départ idéal de belles randonnées : vers le Markstein, le lac de la Lauch, ou vers les hauts du Florival. On aimerait bien en faire son habitation principale !
La vierge du Petit Ballon
Après une descente impressionnante jusqu’à la ferme-auberge du Hilsen, la remontée jusqu’au sommet du petit Ballon n’est pas triste : pas loin de 400 mètres de dénivelé ! Mais une fois arrivés là-haut, quelle récompense ! Quel belvédère fantastique ! La vierge du Petit Ballon nous accueille de ses bienveillantes mains tendues. Elle est environnée de groupes d’êtres humains et d’animaux, qui se côtoient paisiblement, dans leurs activités respectives, très amusantes à observer.
Sous l’œil intéressé d’un petit troupeau de vaches ruminantes, des passionnés d’aéromodélismes guident leurs avions dans le ciel bleu. Le spectacle est des plus comiques, car les vaches semblent réellement s’intéresser à ce spectacle, presque toutes les têtes cornues sont tournées dans la même direction ! Il n’y a aucune clôture, hommes et bêtes se croisent et se côtoient tout naturellement. Pendant que ses compagnes ruminent, l’une d’entre elles est là, debout, plus près encore, pour mieux observer les petits avions colorés. C’est vraiment très drôle ! Personne ne dérange personne, bien au contraire. Cela donne l’impression d’être arrivés dans le jardin d’Eden.
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Des joujoux plus gros que moi !
Et ici, ce sont deux chevaux, un blanc et un brun –on les voit sur la photographie de la vierge, un peu plus haut qui, en toute liberté, se laissent admirer. Le brun semble plein de vie alors que le blanc joue les statues, le regard dirigé vers la plaine d’Alsace… Le membre antérieur gauche légèrement fléchi, il est absolument immobile. Seul le long panache de sa queue frémit au vent. Durant toute notre promenade au sommet du Petit Ballon, il n’a pas bougé d’un millimètre !
C’est toujours avec regret que l’on voit le soleil descendre vers l’horizon signifiant que « l’heure de rentrer » approche… Et déjà, l’idée de passer une prochaine fois, une nuit sous les étoiles, avec le sommet du Petit Ballon comme oreiller, nous taquine l’esprit … Mais le vent souffle rudement, là-haut ! Heureusement, des personnes nous ont précédées dans cette idée et ont aménagé, dans une longue et profondes tranchée –datant de la première guerre mondiale ?- un abri sommaire. Un vague toit de planches et des brassées de végétaux au sol, voici de quoi se mettre à l’abri des bourrasques et des intempéries, plus près du centre de la terre. Sauf s’il tombe des trombes d’eau… auquel cas, l’abri se transformerait en piscine !
C’est en discutant de ces projets que nous redescendons « sur terre », tout en essayant d’apercevoir, ou en tout cas d’imaginer, là-bas, au « bout du monde », dans la magie du soir, les beaux rochers dorés du Steinberg.
Mais c'est bon pour les rocs
D'être seuls et fermés
Sur leur travail de nuitEt peut-être qu'ils savent
Vaincre tout seuls leur fièvre
Et résister tout seuls.
Guillevic (Avec)

www.martineschnoering.com
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Avant il y avait beaucoup de rochers dans mes articles, maintenant, je trouve qu'il y a beaucoup de singes... Euh non, beaucoup d' animaux !
Allez Phil, courage, pour les découvertes, tu es encore jeune et tu as de bonnes jambes !
En fait, il s'agit d'une vidéo trouvée sur le site Daily Motion, parmi des dizaines (centaines ?) d'autres. Elle suggère juste que la publicité est souvent mensongère et que l'on se sert de la nature pour vendre des automobiles., ou d'autres produits.
Il y avait une autre vidéo, plus humoristique, que j'avais retenue et qui démontrait justement que l'avion polluait plus que l'automobile, mais elle a été retirée du site Daily Motion, il s'agissait de "7 jours au Groland".
J'ai par ailleurs été bien contente de me promener dans le Sahara en 4x4 à plusieurs reprises, je roule en Peugeot Expert, et j'ai un téléphone portable... Il y a d'innombrables autres sources de pollution...
Le grand paradoxe actuel, c'est que nous consommons et en même temps critiquons !
Mais peut-être qu'avec la pollution, nous ne faisons simplement qu'accélérer un processus de réchauffement climatique parfaitement naturel ?
J'ai appris ce w-end que les éoliennes polluaient avec les infra-sons qu'elles produisent :
http://www.ventdecolere.org/archives/sant%E9/DailyTelegraph-CatherineMilner-25012004.pdf
Qui croire ?
Bien à vous et merci de vos commentaires,
Bonnes randonnées dans nos Vosges encore si magnifiques !
MS
Site très sympa et un magnifique livre " Mes Mille Maisons des Vosges" ... qui mettent en valeur toute la beauté du massif Vosgien ... Merci de nous faire partager cette passion !
j' ai passé un très bon moment sur ton blog.
please visite le mien.
Je t'en remercie d'avance
FROST