La maison où j'ai grandi

par Mart  -  19 Juillet 2007, 13:01  -  #Auteur du Blog

 

C'était la maison de mes grands-parents maternels, ma maison natale.

J'ai du la quitter, sans préavis, à l'âge de neuf ans, pour aller habiter en ville.

Elle est toujours restée dans mon cœur, cette tendre et rude maison de mon enfance, sans chauffage en hiver, entourée de fleurs en été. Une maison isolée de la ville, entourée de vastes prairies,  que longeait un ruisseau grouillant de vie. Elle avait, pour ligne d'horizon, au bout d’une grande prairie nommée la « Côte des Bœufs », la forêt profonde et mystérieuse.  Cette forêt, je l’aimais, j’y accompagnais mon grand-père, qui exerçait le métier de bûcheron.


J’avais environ vingt ans, quand je fus mise devant un fait accompli : cette maison à laquelle je tenais, où j’aurais aimé retourner habiter, était vendue. Ce fut un choc. Un des premiers traumatismes de ma vie, je crois que je ne m’en suis jamais complètement remise. C’est très certainement ce qui explique cette errance dans les Vosges à la recherche de « la maison idéale », cette exploration minutieuse de tous les chalets ouverts aux randonneurs, cette crainte de posséder… Car posséder, c’est s’exposer à être dépossédé.

Depuis de très nombreuses années, je n'ai pas revu cette maison, je n'ai pas voulu.

Jusqu'au jour où un ami photographe, Olivier Frimat, en reportage dans la région de mon enfance pour les Voies Navigables de France, m’a proposé d’aller y voir… Il m’a fait le très grand plaisir de me rapporter des images de cette maison, de me parler de son contexte actuel. Alors, aujourd’hui, j’ai sans doute moins de regrets...

Comme dans la chanson d’Adriano Celentano (vidéo ci-dessous), qui me touche tout particulièrement car je suis d’origine italienne, ma petite maison idéale, si elle est toujours isolée de la ville, est maintenant séparée de la forêt par un immense canal d’alimentation. Ce monstrueux ouvrage de béton a coupé le ruisseau qui descendait de la « Côte des Bœufs ».

Mais que deviennent les ruisseaux qu’on assassine ? Où sont donc allés les tritons, les salamandres, les libellules, les « traîne-bûche », les escargots, les vers de vase de mon enfance heureuse de « saute-ruisseau » ?

Et, à l’horizon opposé, une voie rapide surélevée, fourmillante de voitures s'inscrit dans le ciel…

 

 

 

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La maison de mon enfance
2 photographies ci-dessus : Olivier Frimat

 

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La maison de mon enfance

Photographie Olivier Frimat

 

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La maison de mon enfance
Photographie Olivier Frimat

 

 
 

Ces Chansons me touchent :

 

https://youtu.be/XYli-EB4gxM

 

https://youtu.be/g1cuQF8sEGA

 

 


Suite : Je vous invite à une découverte de  " Maisons idéales," les refuges dans la montagne vosgienne…"

 

 

 

 

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Perrault 08/10/2015 12:06

Je n'ai pas de maison d'enfance!
Parisien je suis né dans le dixieme arrondissement.
Pres gare le l'est. Ma mere est arrivé là par le train de metz. Là haut pays minier, une cité à mancieulles.
Fut la maison de mes grands parents maternel. Pas le temps de s'attacher vraiment ils en connurent qu'elles que unes de maisons, toujpurs dans la meme cité.
Mon grand pere fut maire des decennies. Et il acquis a 800 metres du village un hectare de terre argilo marneuse. Argilo calcaire froide comme le plateau de la woevre. Et là il bati un petit paradis. Verger, prairie de fauche pour les lapins, puit, reserve d'eau. Cabane, poulallier . Clapier . Rucher. Et de là mon amour de la nature. Les lievres et chevreuils sur lechemin pour y aller àpied ete comme hivers. Les buses, merles dans les airs. Encore à l'epoque debut annee soixante, des chardoneraies nichant dans les mirabelliers. Le renard et le chat sauvage. Plus loin la foret, le ruisseau. Un terrain de jeu formidable à toutes les vacances scolaire sans exception ... El les parties de peches, les ceuillettes de chamignons, et d'escargot .. . Beaucoup à dire du coup. Vous etes là une eveilleuse de souvenir baignant de nature..
Amitié
Jacques.

Jean-Claude 03/03/2010 16:20


magnifique reportage, et hymne très chaleureux...


Mart 04/03/2010 10:19


Merci Jean-claude. Ce lieu est très important pour moi. Dans mon coeur, car dans la réalité, cette maison ne m'appartient pas et le payasage est totalement saccagé.


GINOT Georges 31/10/2007 17:33

Merci.Oui merci pour ces belles images et surtout des endroits que je connai bien puisque j'y est passé une partie de ma jeunesse. Les photos sont splendides surtout les photos des payssages d'hiver.Merci encore !!GINOT GeorgesPrésident de l'association Neuweiher

chantale 21/07/2007 18:33

Un petit coup de bluzz nostalgique en regardant "la maison de ton enfance". Bisous Prêtresse.