Roche des Chiens, Roche des Fées, l'orage et les orties 1/2

par Mart  -  10 Juillet 2007, 12:14  -  #Randonnées

5/4-2007. Je viens de déguster une délicieuse soupe d’orties… en voici l'histoire :

 

En cette après-midi d'été, aiguillonnée par un rayon de soleil venu se poser sur mon clavier, j’étais partie marcher au bord d’un étang proche de chez moi, pour y prendre l’air en premier lieu et peut-être y photographier quelque fleur ou papillon disponible.

 

Mais il n'y avait nulle fleur "fascinante", nul papillon qui veuille bien rester plus d’une seconde en place avant de disparaître définitivement…Inaccessibles également à mon objectif, les corneilles bavardes, s’affairant en couple autour de leurs nids, l’éclair bleu fugace d’un martin pêcheur, qui ne se présenta pas deux fois. Un " banal " canard colvert passant lentement devant moi en me dévisageant, ne m’inspira guère.

 

Ce qui attira mon attention : des tapis de jeunes orties, à peine nées, dépassant du sol d’une dizaine de centimètres. J’avais un sachet, un peu de courage et j’en cueillis un bon kilo. Puis je les photographiai en veillant à mettre en valeur la transparence de leur feuillage d’un beau vert cru, surprise de la beauté du résultat.


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Arrivée chez moi, je les lavai, en prélevai une bonne part, la fis cuire avec des pommes de terre et quelques lardons, puis passai le tout au mixer, avant de m’attabler devant une belle soupe vert foncé, crémeuse et fumante, dans laquelle je dessinai des cercles blancs avec de la crème de soja. Quel délice ! J’en repris deux assiettes ! La succulence de ce repas me rappela une anecdote, que l’on ne pourra, en aucun cas qualifier de croustillante, mais plutôt de piquante…    

L'été dernier, au départ du col du Surceneux (Nord-est de Xonrupt-Longemer), j'étais partie randonner sur le GR 533, par un  temps est gris, orageux. Nous nous étions levés très tôt, pour attaquer le GR d’un pied alerte. Mon compagnon de randonnée, chevaleresque, me proposa de porter « toute la bouffe », pour alléger mon portage. Sympa !

 

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Les pierriers du Défilé de Straiture

 

A la hauteur de la Roche des Chiens, une grande falaise abrupte dominant le défilé de Straiture, la forêt s’ouvre soudain sur un minuscule chalet, et, immédiatement, la vision d’une petite cafetière fumante posée sur la table de bois s'impose ! L’endroit est idyllique pour une pause-café. Le petit refuge est construit sur la plate-forme de la roche des Chiens, qui tombe à pic dans l'étroite vallée où passe ma route de montagne préférée pour accéder au Collet, puis à la Schlucht ou à la route des Crêtes.



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Chalet de la roche des chiens

 

Déjà, la bonne odeur du café nous chatouille les narines, pendant que nous déballons notre quart et quelques gâteaux. Il faudrait presque allumer les frontales, tant il fait sombre. Dehors, quelque chose se prépare… Ca gronde de façon menaçante au-dessus de nos têtes… Les rumeurs sourdes qui semblaient lointaines, se rapprochent inexorablement… Rien de plus réjouissant qu’un orage, surtout quand on est parfaitement à l’abri, et qui plus est, en train de déguster un bon café  ! Et nous sommes là, le quart fumant à la main, humant voluptueusement les volutes parfumés, en observant tranquillement le spectacle des forces de la nature. Ca tonne à gauche et à droite, c’est génial !

 

Tout à coup, de façon abrupte, un coup de tonnerre monstrueux, titanesque, dans une obscurité de fin du monde, laissant croire que le chalet va d’exploser, nous amène au bord de la crise cardiaque ! Puis un deuxième ! C’est horrible ! Un déluge bestial s'abat sur notre toit, dans un fracas de fin du monde...

 

Vidéo orage

 

 

 

Le refuge va-t-il glisser et être entraîné vers l'abîme, comme celui de Charlot, dans la ruée vers l'or ? Je me vois déjà,  comme lui, en situation délicate, agrippée à quelque planche, la maisonnette se retrouvant suspendue par un fil au-dessus du vide, prête à choir dans le précipice de la Roche des Chiens… 

C. chaplin, Gold rush fr extrait

Mais heureusement, encore une fois, la petite maison tient bon dans l’apocalypse et bientôt, les roulements de l’orages vont mourir au loin à notre grand soulagement !

Est-ce le coup de tonnerre qui lui a rendu la mémoire ? Mon ami se souvient tout à coup d’un rendez-vous important, qu’il avait pris pour 14 heures ! Il m’informe qu’il est désolé de devoir me quitter, mais qu’il me rejoindra dans la soirée dans un lieu convenu. Café et gâteaux engloutis, il me quitte soudain et rebrousse chemin sans autre forme de procès. Pas grave, le fait d’être seule ne me dérange nullement, j’ai ma carte, je vais continuer tranquillement, vers la tête d’Osseux (908 m) et la roche des Fées de la forêt communale d’Anould (937 m). Rendez-vous au lieu dit « les chalets Eden ». Superbe avantage, il me récupèrera là-bas, en voiture !

C'est reparti, sur le GR 533, plein Nord...

Suite :  Roche des Chiens, Roche des Fées, l'orage et les orties 2/2



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Guy 05/11/2012 08:32


Coucou Martine,


j'aime te lire et tes photos sont toujours très "parlantes"


j'aimerais avoir ta plume...

Mart 05/11/2012 13:55



Merci c'est gentil. La plume, comme la photo (et comme tout d'ailleurs), ça se travaille.


Ce matin encore, j'ai un peu retouché ces deux textes, et sans doute ne sont-ils pas parfaits.


La moindre histoire qui figure dans mon livre, par exemple, je l'ai bien réécrite une trentaine, une quarantaine de fois, et plus encore sans doute.


Il faut " écrire comme ça vient ", avec un maximum de spontanéité, et ensuite retravailler, retravailler encore. Eviter les lourdeurs. Traquer la répétition, la faute d'orthographe...


Toujours essayer de se mettre à la place du lecteur, se demander s'il a toutes les chances de bien comprendre ce que l'on a voulu dire, s'il ne va pas s'ennuyer à mourir, s'il va sourire,
acquérir un peu d'information, bref, prendre du plaisir à nous lire !


Si je travaillais moins mes photos, j'écrirais sans doute encore mieux. 


Merci pour ton com, Guy ! A bientôt.