J’ai imaginé une femme,
Une femme sauvage,
Une femme roc, glace, feu, arbre, eau,
Une femme liane, vent, poussière, étoile …
Ondine, cascade Saint Nicolas, Bussang
On l'appelle Eliane.
Quand son emploi du temps débordant,
Le lui permet,
Parfois, elle va s’allonger
Sur une large pierre
Et le soleil alourdit ses paupières..
Est-ce un rêve ?
Autrefois,
Il y a très longtemps...
Elle se souvient...
Quand elle était liane ...
Quand elle était liane,
Elle s’enroulait,
A l’endroit à l’envers,
Autour de vieux, grands arbres verts...
Echevelée, dans la lumière,
Ruisselante de pluie ou de soleil…
Ah ! Quelle merveille !
Quand elle était liane,
Souple et légère,
Elle jouait avec les singes !
Aujourd’hui,
Elle se creuse les méninges
Et étend son linge...
Et quand elle était arbre, avant...
Ses racines fouillaient les secrets de la terre,
Tous ses bras accueillaient les oiseaux,
Caressaient les nuages...
Elle chantait et dansait avec le vent,
Mais quel dommage,
Aujourd'hui elle végète
Et elle a mal.
Mal à son végétal ?...
(un seul clic au milieu de la vidéo pour ne pas sortir de la page)
www.lecarredart.com
"Les parcs de Strasbourg recèlent tous les décors de la tragédie et révèlent tous les abords de l'opéra... A l'Orangerie, Iréna Tatiboit interprète "la Femme-Arbre" accompagnée à la harpe par Claude Bouly... Les arbres allaient pleurer le jardin de Pourtales, les allées dans un fracas, une nuit de marbre sur son dos ailé s'est écrasé l'arbre. La harpe quatre fois, gémissantes les cordes, s'est brisée et la mémoire déborde de ces spectacles de fureur, de tonnerre où les éclairs de la peur hante encore Wagner. Neuf années plus tard, Claude fut grièvement blessée sous les platanes.
Chorégraphie, danse Irèna Tatiboit
Harpe Claude Bouly
Images Caroline Meyer
Montage Jean Yves Barlier
Texte ambroise perrin"
...
Et quand elle était louve…
Oui, elle était nomade !
Son cœur battait la chamade !
Ivre de liberté dans le feu de la vie,
Elle parcourait des distances infinies...
Quand elle était louve,
Elle défendait sa meute jusqu'à la mort,
Tous crocs dehors !
Quand elle était louve
Elle hurlait à la lune !
Maintenant quelle infortune,
Dans son bureau ou sa maison
Derrière barreaux comme en prison
Elle tourne en rond...
Et elle a mal
Mal à son âme
Mal à son animal
...
Looking for Cindy
(un seul clic au milieu de la vidéo pour ne pas sortir de la page)
Court métrage créé dans le cadre du spectacle Pouliche présenté à Paris en mai
2007.
Film de Thomas Israel, avec Anne-Marie Boisvert, éclairage de Manon Oligny.
"POULICHES pièce conçue comme des portraits chorégraphiques abordant le thème de la femme sauvage. Manon Oligny se penche sur l'identité féminine dite « naturelle » par sa force
irrépressible et sa sauvagerie en passant par la sublimation et la désublimation du corps féminin. Pouliches est un regard sur l'œuvre de la photographe américaine
Cindy Sherman."
...
Un jour aussi, c’est certain,
Elle a été pierre, ou glace,
Après bien des douleurs,
Bien des chagrins,
Elle en garde dans son coeur, les traces...
Quand elle était pierre,
Elle était impassible.
Désormais,
Impossible.
Quand elle était pierre,
Elle contemplait sereine,
L'affolante course des nuits et des jours…
A présent, cours toujours !
Quand elle était pierre,
Elle était zen...
Et pouvait méditer pendant des millénaires !
Maintenant elle a ses nerfs
Se demande qui elle est, dans quel état…
On la traite de mégère
Et elle fait du yoga
...
Fée de glace, Etival, chaudron des fées (image sans retouche)
...
Et on lui dit : « Tu n’es pas stable ! »
Mais savez-vous qu'un jour, elle a aussi été sable ?
Quand elle était sable,
Elle s’arrachait aux pierres
Et sur les ailes du vent
Ou dans l'eau des rivières,
Elle visitait le monde entier,
Comblant les estuaires, modelant les déserts !
Maintenant, elle prend des charters,
Elle se mine le moral,
Et même si ses amant
Lui offrent des diamants,
Elle a mal,
Mal à son minéral
...
Lac de Pierre percée, rocher et sculpture de grès et de sable
...
Quand elle était eau,
Cascade, ruisseau,
Ondine, mer…
Elle courait en chantant,
Le vent ridait joliment sa surface
Et c’était beau !
Maintenant,
Elle est
mère
Et Pour ne pas perdre la face
Ce sont des crèmes antirides
Qu’il lui faut.
...
...
L'araignée tisse sa toile,
Le marin met les voiles
Et elle, jadis, elle était une étoile...
Si vous saviez comme elle brillait !
L'univers pour elle n'avait pas de secrets...
Timide et légère comme un flocon de neige,
Tournez, tournez, tournez manège !
Scintillez dans la brume...
Mais aujourd’hui,
Elle est dans la lune,
Elle se trouve nulle,
Parfois elle fume
Elle s'enrhume,
Elle râle,
Et elle a mal
Mal à son sidéral...
Mais chutt...
Martine Schnoering - 2005
"L'unicité de la matière fait que le moindre de nos atomes a un jour été créé au sein
d'une étoile et qu'il y retournera un jour.C'est en ce sens que nous sommes tous "poussières d'étoiles", univers miniature doués de cette faculté mystérieuse qu'est la conscience."
Arthur Hennesy, en présentation du livre de Hubert Reeves : Poussière d'étoiles
Femme feu
Femme glace
MONTAGNES
Il faudra bien laisser à leur place, à leur sort,
Ces montagnes de terre,
Qui ont forme de seins pourtant
Et qui respirent.
Il faudra leur laisser de former ce front bleu
Devant lequel on passe -
Nous avec la furie en nous
Et trop de chair.
Guillevic
http://literaturaearte.blogspot.com/2006/05/guillevic-ii.html
Sommets vosgiens, vus du Haut Koenigsbourg


Derniers commentaires